Décrite dans l’Antiquité par le terme d’hémicrânie, (« moitié du crâne »), la migraine a tour à tour été considérée comme un mal de l’esprit, une manifestation des humeurs, un message issu des organes viscéraux, un désordre vasculaire et plus récemment comme le résultat d’une interaction neuro-vasculaire (entre les nerfs et les vaisseaux).

 

UNE DEFINITION PRECISE DE LA MIGRAINE

 

La migraine est une pathologie chronique évoluant par crises. Elle touche environ 15% de la population dans les pays européens et à forte prédominance féminine.le visage dans les mains

Les céphalées sont unilatérales, pulsatiles et durent entre 4 et 72 heures en dehors de tout traitement pharmacologique. Elles peuvent être précédées d’une aura – troubles divers, notamment visuels (scintillements, taches colorées…) –  et s’accompagnées de nausées et/ou de vomissements, de photophobie et/ou d’hyperacousie.

 

LES FACTEURS DE RISQUE

Dans la majorité des cas, la migraine est le résultat de conjonction de plusieurs facteurs :

  • un terrain familial migraineux
  • l’âge ou l’état hormonal ;
  • des sources de stress favorisé par l’environnement familial ou professionnel ;
  • des traitements inadaptés

 

LES FACTEURS DECLENCHANT

Chaque individu présente son ou ses facteurs déclenchant habituels. Il est important de le ou les connaître de façon à limiter la fréquence des crises.

 

  • Les facteurs psychologiques

    L’anxiété, la contrariété, mais aussi une grande joie ou toute émotion intense peuvent être des facteurs déclenchant.

  • Les changements de rythme de vie

    – La fatigue et le surmenage : les crises sont fréquentes en semaine et s’espacent durant les vacances ;
    – La baisse de tension nerveux : les crises surviennent les week-ends et au début des vacances ;
    – Un excès ou un manque de sommeil ;
    – Un effort inhabituel : un exercice physique prolongé surtout s’il est pratiqué au soleil ou par une forte chaleur ;
    – Des facteurs climatiques : chaleur, vent, froid… ;
    – Un voyage : stress de l’avion auquel s’ajoute le décalage horaire, le changement de climat…

  • Les autres facteurs déclenchant 

    – Chez la femme, les jours précédant les règles (migraine cataméniale), la prise d’une pilule contraceptive ou d’un traitement hormonal de la ménopause ;
    – Un excès alimentaire ou une période de jeûne, voir un régime avec diminution des sucres et des féculents
    – Certains aliments (vin blanc, vin rouge, aliments gras, fromages fermentés, oeufs, chocolat, charcuterie…) ;
    – Certaines boissons caféinées (thé, café, soda…) ;
    – L’alcool sous toutes ses formes ;
    – certaines odeurs (un migraineux sur six signale ce facteur déclenchant) qu’elles soient agréables (eau de toilette, bouquet de fleurs…) ou moins (produit ménager, essence…) ;
    – Le tabagisme passif pour le non-fumeur ;
    – Le bruit ou les vibrations (bateau, avion…) ;
    – Une lumière vive (soleil sur la mer ou la neige, flash, éclats lumineux des jeux vidéo, spots tournants dans une boite de nuit…) ;
    – La prise d’un nouveau médicament.

 

LE MECANISME DES CRISES MIGRAINEUSESnerf trijumeau et la migraine

 

Pour une raison encore inconnue, un facteur déclenchant provoque chez les personnes prédisposées une stimulation du nerf trijumeau. Cette activation du nerf entraînerait la libération de substances qui ont pour effet de dilater momentanément les petites artères méningées et de provoquer une inflammation des méninges. Cette dilatation entraîne à son tour la libération d’autres substances qui accentuent l’inflammation des méninges, un phénomène qui entretient et accentue la douleur.

 

 

 

 

 

 

mécanisme de la migraineL’inflammation des méninges, associée à la dilatation des artères méningées, génère des messages nerveux transmis au cortex des deux hémisphères cérébraux. Ces messages sont responsables de la perception de la douleur, dont le caractère pulsatile est lié aux battements du sang dans les artères. Ils provoquent également des nausées et ds vomissements (comme dans une méningite).

 

 

LES TRAITEMENTS DE LA MIGRAINE

Le moment idéal pour prendre l’antalgique est la première heure de la crise, lorsque la douleur n’a pas encore atteint son maximum.

  •  le traitement de la crise  comprend 2 types de médicaments :

    – les anti-migraineux non spécifiques : les anti-inflammatoires non stéroïdiens, l’aspirine seule ou associée à un traitement agissant contre les nausées. Le tramadol, le paracétamol et les associations de paracétamol, de codéine voire de caféine sont réputés moins efficaces.

    – les anti-migraineux spécifiques : le tartrate d’ergotamine (dérivé de l’ergot de seigle), la dihydroergotamine par voie nasale ou injectable, les triptans.

     

  • les traitements de fond

    Ils sont pris tous les jours et ont pour objectif de diminuer la sévérité et le retentissement de la migraine sur la vie courante.
    Par conséquent, ils sont indiqués lorsque les crises sont trop fréquentes, qu’elles restent intenses malgré les traitements adaptés, lorsqu’elles génèrent un handicap familial, social, professionnel…

    Le traitement de fond initial comprend un seul médicament, à choisir parmi quatre possibles :
    deux bétabloquants (métopolol et propranolol),
    un antisérotoninergique (oxétorone)
    un antidépresseur tricyclique (amitriptyline).
    Ils présentent tous des contre-indications spécifiques, des effets secondaires et des limites d’efficacité.

    En seconde intention, si le premier traitement ne convient pas,  le médecin peut  recourir à un autre médicament comme un antisérotoninergique (pizotifène), ou un alphabloquant (indoramine), ou encore un inhibiteur calcique (flunarizine), voire un anti-épileptique.

 

 

UNE PRISE EN CHARGE GLOBALE PAR LA SOPHROLOGIE

En association avec les thérapeutiques médicamenteuses, la sophrologie va avoir une action spécifique sur les facteurs déclenchant ou aggravant que sont le stress et l’anxiété ainsi que sur l’état de panique qui peut survenir lors d’une crise migraineuse.

Les séances de sophrologie seront orientées vers :

  • la recherche d’un état de détente, qui passe par un apaisement des tensions ;
  • la prise de conscience des liens qui peuvent exister entre la sphère psychologique et le vécu corporel.

Les techniques de respiration seront largement utilisées, en particulier les exercices de cohérence cardiaque pour maintenir un bas niveau de stress en dehors des crises ou en début de crise pour prévenir l’état nauséeux.