Qu’est-ce que la fibromyalgie ?

C’est un état douloureux chronique altérant la qualité de vie. Cette pathologie touche entre 2 à 4 % de la population mondiale avec une nette prédisposition féminine (4 femmes pour 1 homme). Elle est présente dans toutes les classes de la société et pas uniquement dans les pays dits « développés ».

L’apparition de cette maladie peut-être brutale (suite à un traumatisme, un choc psychologique, une infection…) ou d’installation progressive.

Le patient fibromyalgique éprouve des douleurs qui touchent aussi bien les parties haute et basse du corps (par rapport à la taille) que les parties droite et gauche. L’examen peut mettre en évidence 11 points douloureux parmi les 18 sites anatomiques.

D’autres symptômes associés sont rapportés :douleurs inflammation fibromyalgie

  • fatigue dès le réveil et une fatigabilité à l’effort,
  • sommeil non récupérateur
  • troubles digestifs (colon irritable, colopathie)
  • fourmillements des extrémités
  • phénomène de Raynaud (pâleur, sensation de doigts « morts »)
  • céphalées (migraines ou céphalées de tension)
  • vertiges, malaises
  • sensation subjective de gonflement, de tuméfaction des zones douloureuses
  • anxiété/dépression
  • troubles de la concentration, de la mémoire

 

Comment se fait le diagnostic ?

Le diagnostic de la fibromyalgie est avant tout clinique : aucun examen biologique ou radiologique ne peut en faire la preuve. Il n’existe aucun « test de fibromyalgie ». Le bilan (radiographie, électromyogramme, bilan biologique, ou autres : scanner, IRM…) ne servira qu’à éliminer d’autres maladies dont les symptômes pourraient simuler une fibromyalgie (dépression masquée, douleurs musculaires d’origine médicamenteuse, carence en vitamine D, hypothyroïdie, arthrose, sclérose en plaque, rhumatisme inflammatoire, polyarthrite rhumatoïde…).
Il n’existe aucune lésion démontrée et l’on ne retrouve pas les signes cutanés de l’inflammation : rougeur, chaleur et gonflement.
A la palpation, le patient présente des points douloureux bien précis qui correspondent à des atteintes musculaires et tendineuses, plus exactement des zones d’insertion tendineuses et de certains muscles. Sur ces points, la pression modérée au doigt est très douloureuse ; le patient réagit par un retrait ou une grimace. Dans la pratique clinique, il est reconnu que ces « 11 points douloureux » ne sont pas indispensables au diagnostic mais constituent des critères de classification utilisés en recherche clinique et en épidémiologie.

 

points douloureux fibromyalgie

 

 

  • Les points douloureux habituellement recherchés au cours de la fibromyalgie

 

Quel en est le mécanisme ?

Le mécanisme exact demeure encore mal connu. La plupart des spécialistes évoquent un dysfonctionnement des mécanismes centraux de contrôle de la douleur qui crée un état d’hypersensibilité. Des facteurs hormonaux et génétiques pourraient y être associés même si la prédisposition accrue dans certaines familles n’en fait pas pour autant une maladie génétique.

 

Les grands principes de la prise en charge de la fibromyalgie

La prise en charge de l’état de fibromyalgie reste difficile. L’approche doit être adaptée pour chaque patient et multidisciplinaire (médecin généraliste, rhumatologue, centre anti-douleur, kinésithérapeute, psychologue, sophrologue…)

Le traitement de la fibromyalgie ne se limite pas au seul soulagement de la douleur : la promotion d’une activité physique et la gestion du stress tiennent une place primordiale. C’est une prise en charge globale et surtout précoce qui doit être envisagée afin d’éviter la spirale infernale :

Stress – Douleurs et fatigue chroniques – Dépression réactionnelle

 

  • Le traitement médicamenteux

En Europe, contrairement aux États Unis, aucun médicament n’a eu d’autorisation de mise sur le marché (AMM) pour l’indication « fibromyalgie ».
Le choix du médicament n’est pas toujours évident car interviennent le souci de l’efficacité et celui de la tolérance. Effectivement, les patients fibromyalgiques sont très sensibles et par conséquent, les effets secondaires fortement ressentis.
Les médicaments qui peuvent être prescrits sont les antalgiques, les antidépresseurs (qui ne servent pas qu’à traiter la dépression : ils ont également un effet sur les douleurs neuropathiques et psychogènes, la fatigue, les troubles du sommeil et donc la qualité de vie), les antiépileptiques (contre les douleurs type neuropathies) ; en continu et à doses élevées du magnésium ; après vérification du taux sanguin, de la vitamine D ; et enfin des vitamines B1-B6-B9-B12 à visée antioxydants, anti-radicaux libres.

 

  • Le traitement non médicamenteux


1)-L’activité physique :

Le patient va éviter toute activité de peur d’augmenter la douleur ce qui, à long terme, ne fait qu’aggraver la situation. A contrario il va mener des activités physiques trop longtemps, jusqu’au seuil de reprise de la douleur en dépassant ses limites. Il va alors alterner des périodes d’activité et des périodes de repos.

Il s’agit plutôt de l’amener à une rééducation à l’effort qui doit être douce et personnalisée afin d’augmenter son niveau d’activité : exercices musculaires doux type renforcement, marche, piscine, vélo d’appartement… L’entrainement doit être progressif et précédé d’un échauffement fait d’étirements.
D’autre part, en cas d’inactivité physique, les muscles s’atrophient, les os se fragilisent. L’inactivité favorise le déconditionnement à l’effort. Par contre, le sport et l’activité physique en générale vont favoriser la croissance musculaire et donc rendre le muscle plus fort qu’auparavant. Les efforts vont également accroitre les capacités cardio-respiratoires et donc l’oxygénation tissulaire. Enfin, l’activité physique va permettre de créer une diversion, une prise de distance en ne focalisant plus son attention sur la douleur.

 

Les autres effets de l’activité physique :

– Augmentation de la production d’endorphines (analogues naturels de la morphine) qui vont calmer les douleurs et provoquer une sensation de plénitude

– Régulation du sommeil : peu à peu, les douleurs vont diminuer et la fatigue va s’estomper.

 

    2)-Le contrôle du stress :

La personne sujette à des douleurs persistantes remarque que le stress, les contrariétés ou le fait d’être tendue sont des facteurs accentuant la douleur.
Il va s’agir d’apprendre à identifier l’influence de certaines situations sur l’état douloureux pour peu à peu changer son comportement et réagir de façon mieux adaptée.
Il existe également un stress dans les relations avec les autres, à l’origine : le caractère subjectif de la douleur. stress douleurs psychisme
La douleur est bien souvent mal comprise par l’entourage : famille, amis, collègues de travail… Le patient fibromyalgique peut avoir l’impression qu’on l’accuse d’augmenter la gravité de sa douleur ou même d’avoir une douleur imaginaire. Il peut alors nier totalement son état douloureux ou, au contraire, se surprotéger en s’enfermant dans la maladie.

 

« La plus atroce offense que l’on puisse faire à un homme, c’est de nier qu’il souffre » Césare Pavese

 

    3)-Agir sur les troubles du sommeil :

Présents chez 80 à 90% des fibromyalgiques, les troubles du sommeil augmentent le ressenti pénible de la maladie, précipitant certains patients vers la dépression. L’endormissement est difficile et très tardif ; le sommeil est écourté avec des réveils précoces, de multiples éveils nocturnes. Mais surtout, il s’agit d’un sommeil non réparateur qui prive le patient du processus de récupération et exacerbe la perception de la douleur. Le réveil s’accompagne d’une raideur posturale et d’une fatigue intense chez la grande majorité des fibromyalgiques.

 

    4)-Agir sur la dépression et l’anxiété :

Qui résultent de nombreux facteurs parmi lesquels l’existence des douleurs et de la fatigue permanente.
Anxiété, insomnie, tension nerveuse, irritabilité, repli sur soi, démoralisation, dépression… contribuent à entretenir la douleur et constituent un cercle vicieux.

 

L’apport de la Sophrologie pour le patient fibromyalgique

La sophrologie va permettre une détente à la fois musculaire et mentale, en diminuant l’hyper-réactivité liée au stress, mais aussi l’anxiété et les tensions musculaires induites par la douleur ainsi que les troubles du sommeil. Grâce à l’utilisation de la respiration abdominale, elle a une action directe sur les fonctions neurovégétatives  (contrôle cardiaque, pulmonaire) et sur le contrôle de la douleur.

Toutes les techniques sophrologiques vont trouver leur place.

La sophrologie pratiquée au quotidien par le fibromyalgique va lui permettre de prendre conscience de sa respiration, des battements cardiaques, de là où son corps est en tension, de ses émotions comme la peur, l’agressivité, l’anxiété, les pensées négatives…

Le langage employé par le sophrologue va l’amener à se relaxer pour trouver un état de bien-être, de calme s’accompagnant d’un relâchement musculaire, d’une diminution de la fréquence respiratoire et cardiaque. Avec les exercices de visualisation positive, ce sera plus une détente mentale.

Les mouvements de « la relaxation dynamique », adaptés à un patient douloureux, sont également importants : outre le fait de sentir son corps en mouvement, c’est prendre conscience des sensations lorsque les muscles sont tendus et lorsqu’ils sont relâchés, sensations à rapprocher de la vie quotidienne afin d’éviter certaines postures ou autres gestes répétitifs.

Si l’on va plus loin encore, la sophrologie peut amener le patient à réfléchir sur ses valeurs de vie, sa façon d’être, sur des habitudes qu’il pourrait peut-être modifier, ses a priori… Pour in fine se réapproprier petit à petit la notion de plaisir dans des moments de sa vie quotidienne, prendre du temps pour s’occuper de lui et enfin récupérer une estime de soi.

 

 

réseau sophrologie et fibromyalgie