Qu’est ce que l’hyperacousie ?

L’hyperacousie est une réponse anormalement forte, voire douloureuse, du système auditif au bruit et aux sons perçus.
Cette sensation d’intolérance à l’environnement sonore concernerait 2% de la population, et accompagne l’acouphène dans 40% des cas.

Plus de la moitié des hyperacousiques présentent des troubles de la concentration et des signes d’anxiété. Mais on ne sait pas si c’est l’anxiété qui génère l’hyperacousie ou l’inverse.

D’aucuns prétendraient que le sens de l’ouïe de l’hyperacousique est trop développé. Mais les tests audiologiques démentent cette affirmation en révélant une audition normale.

Sous l’expression de cette « diminution de la tolérance aux sons », il convient de distinguer :

  • L’hyperacousie de gêne :

    les sons ne sont pas perçus comme spécifiquement forts mais gênantsoreille hyperacousie douleurs

  • L’hyperacousie d’intensité ou de sonie :

    les sons d’intensité modérée sont jugés trop forts

  • L’hyperacousie de peur :

    par crainte de certains sons, le sujet adopte un comportement d’évitement

  • L’hyperacousie de douleur :

    le patient décrit une douleur, à une intensité de son, habituellement bien tolérée chez le sujet normo-entendant

     

Les origines de l’hyperacousie

  • dans une grande majorité des cas l’intolérance aux sons apparait suite à des traumatismes sonores qui peuvent être ponctuels (concert, discothèque…), ou répétés (certaines professions comme les musiciens et chanteurs professionnels, les enseignants…)
  • en lien avec une surdité : on parle de notion de recrutement, c’est comme si l’audition redevenait normale et même hypersensible. D’où ici paradoxe entre surdité et hyperacousie
  • une cause métabolique par déficit central en neurotransmetteur (sérotonine) : chez les autistes, les migraineux…

 douleur - isolement - hyperacousie

 

Les conséquences

L’hyperacousie est un phénomène très subjectif. Selon l’état de fatigue, de stress ou le moment de la journée, jour ou nuit, le patient va porter progressivement une attention de plus en plus importante à ces sons « amplifiés » jusqu’à être constamment dans un état d’alerte auditive. Selon le niveau de gravité, cette affection peut devenir très invalidante. La personne hyperacousique va chercher à se protéger de tout environnement sonore, en évitant tous les lieux conviviaux comme le restaurant, le cinéma, en arrêtant son activité professionnelle, pour peu à peu s’isoler du monde extérieur.

 

Mais tous les hypersensibles au bruit ne sont pas hyperacousiques. Il faut différencier l’hyperacousie de :

  • la phonophobie ou peur du bruit

    Il s’agit d’une peur incontrôlée du bruit qui entraîne des comportements d’évitement importants et le port de protections auditives le plus clair du temps. Ce n’est pas un trouble auditif mais psychiatrique. Cette peur peut s’accompagner de nausées, vertiges, accélération du rythme cardiaque, troubles de l’humeur…
    L’hyperacousie chronique est susceptible d’évoluer vers une phobie au bruit si le tempérament du patient l’y prédispose.

     

  • La misophonie ou haine du son

    C’est une hypersensibilité à des bruits très précis : bruit des autres comme mastication, reniflements, cliquetis du stylos… Le mécanisme est essentiellement émotionnel, très proche de celui de l’acouphène.

 

Comment traite-t-on l’hyperacousie ?

La prise en charge de l’hyperacousie reste pluridisciplinaire associant le médecin ORL, l’audioprothésiste, le psychologue, le sophrologue…

Le traitement n’est ni le silence, ni les bouchons anti bruit. Au contraire, la diminution des bruits peut aggraver le problème et empêcher la personne de vivre normalement. Il va falloir assurer une rééducation aux sons de l’oreille par l’intermédiaire de bruiteurs, qui ne seront portés au début que quelques heures dans la journée.

 

Que propose le sophrologue pour les personnes souffrant d’hyperacousie ?vivre respirer liberté

L’entraînement reposera sur la prise de conscience des tensions au niveau du corps afin d’évacuer toutes les sensations d’inconfort. Les exercices respiratoires trouvent également toute leur place pour aller encore un peu plus loin dans le relâchement mental.
Au fil des séances, le patient va prendre de la distance par rapport au bruit pour retrouver confiance et vivre enfin normalement.

 

 

 

 

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